lunes, 13 de septiembre de 2010

le sabotage amoureux

- j'ai un cheval.
- un cheval en peluche?
- un cheval sur lequel je galope partout.
- un cheval ici à San Li Tun? Mais où est-il?
Sa curiosité m'enchanta. Je fonçai aux écuries et revins au dos de ma monture.
...
- Ce n'est pas un cheval, c'est un vélo.
- C'est un cheval, assurai-je calmement.
Ce cheval est un cheval. J'appelle cheval non pas ce qui a quatre jambes et produit du crottin, mais ce qui maudit le sol et m'en éloigne, ce qui me hisse et me force à ne pas tomber, ce qui me piétinerait à mort si je cédais à la tentation de la boue, ce qui me fait danser le coeur et hennir le ventre, ce qui me jette dans une allure si frénétique que je dois plisser les paupières, car la lumière la plus pure n'éblouira jamais autant que la gifle de l'air.
J'appelle cheval cet endroit unique où il est possible de perdre tout ancrage, toute pensée, toute conscience, toute idée du lendemain, pour ne plus être qu'un élan, pour n'être que ce qui déferle.
J'appelle cheval cet accès à l'infini...

No hay comentarios:

Publicar un comentario

Nota: solo los miembros de este blog pueden publicar comentarios.